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La Depeche du 03 Novembre 2011

Par: Jean-Michel Dussol

jo-depeche.jpg

 Photo N. Debbiche

 

Choisir et puis vivre sa transidentité, l'Auscitaine Joanna, témoigne d'un long parcours et de l'action militante qu'elle entend mener pour aider les autres.

Sur le bureau du juge aux affaires matrimoniales du tribunal de grande instance d'Auch existe une requête en changement d'identité. Joanna Gobert attend cette ultime décision pour être, enfin, en totale conformité avec son moi profond, sa véritable personnalité. « J'ai franchi le pas pour en finir avec le mensonge, pour arrêter de me mentir. »

Jusqu'à la ligne de la cinquantaine, Joan, ce petit garçon, né à Paris, devenu grand et puis père de trois enfants, a souvent traversé, dans sa solitude, un véritable calvaire. Dans l'enfance d'abord. Après des années dans des familles d'accueil où il ne côtoie que des petites filles, le gamin se trouve propulsé dans un internat de garçon. « Je me suis plongé dans ma solitude, où je chantais dans ma tête. Je n'en sortais que pour dessiner… »

Autre épreuve, du 1er avril au 10 juin 1976, le service militaire dans une caserne d'Agen. « On m'a rasé les cheveux, interdite de maquillage, je ne pouvais même pas porter une bague. Après deux mois on m'a réformé pour comportement féminin. »

Joan/Joanna retrouve alors son passé et cède aux conventions sociales (mariage, famille) mais toujours avec cet impérieux besoin de retrouver la féminité avec des sorties travesties. Elle sera convaincue de sa « transidentité », de son « transgenre », après une rencontre et une longue conversation avec une personne qui a vécu cette crise identitaire. « J'ai eu l'impression qu'elle me racontait mon histoire et j'ai fondu en larmes. »

Arrive alors une seconde épouse qui lui laisse vivre sa féminité (les dix plus belles années de vie), et une compagne avec laquelle les choses se terminent vite, et puis la grande interrogation : « Quand vas-tu arrêter de te mentir ? »

« Quand ma dernière fille a eu 18 ans, j'ai franchi le pas en sachant que je rentrais dans la discrimination sociale… J'ai été obligé de quitter mon emploi. »

Joanna a respecté le parcours protocolaire, suivi psychiatrique, hormonothérapie et chirurgie de réassignation sexuelle. Malgré une reconnaissance de la Sécurité sociale en affection de longue durée, le gouvernement traîne toujours les pieds pour un changement facile d'état civil.

Joanna est très bien dans son corps et sa féminité. Avenante, communicative, souriante, gentille, elle na pas hésité à annoncer sa personnalité lors des formalités commerciales et administratives qu'a nécessité son installation à Auch.

« J'ai fait mes premières connaissances lors de la soirée du nouvel arrivant. »

Aujourd'hui, Joanna a trouvé son équilibre. Elle espère en finir avec la spirale qui l'a vue passer par 49 métiers, 20 villes et 3 pays.

Sa réussite : « Etre anonyme, naturelle, et ne pas chercher à être plus femme qu'une femme. »

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