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Sud Ouest du 02 Novembre 2011

Par philippe andréoulis

 

L'an passé encore, Joanna était Joan. Auscitaine, elle milite pour la transidentité

Il y a dix jours encore, elle était à Barcelone, en Espagne. Quatre journées de rencontres, de débats, de colloques. Objectif, faire plier l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La convaincre que, lors de la révision générale de son catalogue des maladies qui sera engagée en 2012, elle retire de sa liste la trans-identité.

Joanna Gobert sait que le combat sera long. Même si elle n'accepte pas le parallèle, le rappel est parlant : l'organisation mondiale n'a retiré l'homosexualité de sa liste des maladies mentales qu'en mai 1990 !

 

Pour la trans identité, Joanna Gobert le sait, la route sera semée d'embûches. Qu'importe. Cette transsexuelle de 52 ans, auscitaine depuis deux ans, se démène pour sa cause, aux côtés de STP 2012, mouvement international réclamant l'arrêt de la pathologisation de la trans identité, et au sein même d'Arc-en-Ciel, association toulousaine.

50 ans pour se décider

Pour Joanna Gobert, c'est une question vitale. Simplement la reconnaissance de son identité. La sienne et celle de milliers de personnes, hommes ou femmes. « Très tôt dans l'enfance, on se rend compte qu'on ne fait pas partie du genre dans lequel on est né. »

Joanna Gobert est née Joan. Elle l'est restée jusqu'à l'an passé, date à laquelle elle a décidé de franchir le cap : devenir réellement ce qu'elle se sentait être au plus profond d'elle-même. Une femme. Les opérations se sont succédé, les prises d'hormones aussi. La transformation est visible. Incomplète encore. « C'est normal, j'ai mis cinquante ans à prendre ma décision », explique-t-elle, sereinement.

Joanna Gobert parle, explique. Tranquillement, de façon argumentée. Intelligemment. Elle dit tout : le choc qu'a été, à l'âge de 8 ans, le fait d'intégrer un internat de garçons alors que, enfant, elle se vivait comme une fille. Dans un corps d'homme. Joanna assume aussi ses contradictions. Pour Joan, au sortir de la mouvance de 1968, cheveux longs et maquillages n'avaient rien d'extravagant.

Patron dans le bâtiment

Ainsi, il a rencontré à 15 ans celle qui, trois ans plus tard, allait devenir sa femme, lui donner un enfant. Divorce. Remariage. Nouvel enfant.

Dans le « civil », Joan a été patron d'une entreprise de bâtiment. Cela peut surprendre maintenant. Jamais à l'époque.

Bien sûr, elle sait la confusion qui est faite, dans les esprits, entre trans-identité, travestis et homosexualité. C'est pour cela qu'elle préfère le terme « trans-identité », ou « transgenre », à celui, plus commun, de « transsexuelle ». Car il n'est aucunement question de sexualité chez les trans. Sa vie en témoigne. Ça n'est pas un fantasme. Pas un jeu d'une soirée. « J'ai toujours été une femme », dit-elle, le plus naturellement du monde.

Elle a entamé l'écriture quasi simultanée de deux livres. L'un pour témoigner, l'autre pour expliquer. Elle écrit autant qu'elle parle. Puis relève la tête, soupire et sourit. « Je vis pleinement ma vie de femme avec grand bonheur. Être soi, enfin ! »

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